Aller au contenu principal
Fermer

Turquie-Imamoglu placé en détention provisoire dans l'attente de son procès
information fournie par Reuters 23/03/2025 à 21:49

(Actualisé tout du long)

Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, principal rival politique du président Tayyip Erdogan, a été démis de ses fonctions et placé dimanche en détention provisoire par un tribunal, ont annoncé les médias, une décision susceptible d'attiser la colère des Turcs qui manifestent en masse depuis quatre jours dans le pays.

Les dirigeants européens et des dizaines de milliers de Turcs, qui ont encore manifesté dans la nuit dans les grandes villes du pays, ont dénoncé les actions menées à l'encontre d'Ekrem Imamoglu, les jugeant politisées.

Près de 15 millions de membres du Parti républicain du peuple (CHP) et d'autres citoyens se sont rués vers les bureaux de vote à travers la Turquie pour désigner Ekrem Imamoglu comme leur prochain candidat à l'élection présidentielle.

Le CHP a autorisé les électeurs non adhérents de son parti à effectuer un "vote solidaire" dans un scrutin qui ne comportait qu'un seul bulletin au nom de l'ancien édile d'Istanbul.

La part des non-adhérents, plus de 13 millions d'électeurs, selon le CHP, indique que le maire déchu bénéficie d'un soutien populaire qui va au-delà du cadre du parti et fait dire au chef de l'opposition Ozgur Ozel que la tenue d'élections anticipées était nécessaire.

"S'ils pensent pouvoir se mesurer à nous, à Ekrem Imamoglu, alors qu'ils convoquent des élections anticipées", a-t-il déclaré, faisant référence à l'AKP du président Erdogan.

Selon le tribunal, Ekrem Imamoglu qui est âgé de 54 ans et au moins 20 autres personnes ont été emprisonnés dans le cadre d'une enquête pour corruption. Une décision distincte dans une enquête liée au terrorisme n'a pas encore été rendue.

Dans un communiqué, le tribunal indique que le dirigeant stambouliote a été arrêté pour "avoir créé et dirigé une organisation criminelle, accepté des pots-de-vin, détourné des fonds, enregistré illégalement des données personnelles et truqué des appels d'offres publics dans le cadre d'une enquête financière".

Ekrem Imamoglu a repoussé ces accusations, qualifiées de "calomnies inimaginables" et a appelé les Turcs à organiser des manifestations à l'échelle nationale dimanche.

"Je me tiens debout, je ne m'inclinerai jamais", a-t-il écrit sur X, appelant ses partisans à ne pas perdre espoir. "Nous allons arracher tous ensemble ce coup d'État, cette tache sombre sur notre démocratie."

Ekrem Imamoglu a été démis de ses fonctions de maire d'Istanbul, tout comme plusieurs autres maires d'arrondissements, selon un communiqué publié dimanche par le ministère turc de l'Intérieur.

Selon les télévisions turques, le dirigeant politique a été emmené à la prison de Silivri, connue pour abriter des prisonniers politiques.

Le gouvernement d'Ankara dément que les enquêtes soient politiquement motivées et affirme que les tribunaux sont indépendants. Il a mis en garde contre les manifestations, alors que l'interdiction de se rassembler a été prolongée samedi pour quatre jours supplémentaires.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont été observés dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes importantes du pays.

Aucune élection générale n'est prévue avant 2028. Mais si Erdogan, qui dirige la Turquie depuis 22 ans, doit se présenter à nouveau, le Parlement devra approuver des élections anticipées puisque le président aura atteint la limite à cette date.

Ekrem Imamoglu est en tête devant Tayyip Erdogan dans certaines enquêtes d'opinion.

(Reportage Ece Toksabay, Ezgi Erkoyun, Mert Ozkan et Mehmet Emin Caliskan ; Version française Elizabeth Pineau et Zhifan Liu)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une chambre de l'hôtel Ramada de Beyrouth après une frappe israélienne, le 8 mars 2026 ( AFP / Ibrahim AMRO )
    information fournie par AFP 08.03.2026 06:57 

    Une frappe israélienne contre un hôtel en plein centre de Beyrouth a fait au moins quatre morts et dix blessés, a annoncé dimanche le ministère libanais de la Santé, Israël affirmant avoir visé des chefs des Gardiens de la Révolution iraniens dans la capitale libanaise. ... Lire la suite

  • Bombardement d'une raffinerie à Téhéran, le 7 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 08.03.2026 06:54 

    L'Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant encore au moins six mois contre les Etats-Unis et Israël, lequel a frappé à l'aube un hôtel au cœur de Beyrouth accusé d'héberger des chefs des Gardiens de la Révolution. La guerre au Moyen-Orient, entrée ... Lire la suite

  • Bombardements sur Téhéran, le 7 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 08.03.2026 06:42 

    Voici les derniers événements de la guerre au Moyen-Orient: - Israël cible des sites militaires iraniens L'armée israélienne a annoncé avoir lancé dimanche matin une vague de frappes visant des sites militaires "à travers l'Iran", selon un communiqué. - L'Iran ... Lire la suite

  • Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, donne une conférence de presse à Pékin le 8 mars 2026 ( POOL / Iori Sagisawa )
    information fournie par AFP 08.03.2026 06:23 

    Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré dimanche que la guerre au Moyen-Orient "n'aurait jamais dû avoir lieu" et a refusé un retour à la "loi de la jungle". Le chef de la diplomatie chinoise s'est livré lors d'une conférence de presse à Pékin ... Lire la suite

Pages les plus populaires